Republique Islamique de Mauritanie
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Situation alimentaire actuelle

Selon les dernières informations collectées par les missions de l’Observatoire de la Sécurité alimentaire en début du mois de juin, la situation alimentaire des populations est devenue assez difficile sur le plan alimentaire aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural.

 

Dans toutes wilayas, les populations rurales sont confrontées à des problèmes tels que :

 

  • Forte dégradation des ressources pastorales (manque de pâturages et de sources d’abreuvement, chute du prix du bétail sur pieds…) ;
  • Epuisement des stocks villageois et accès difficile aux produits alimentaires de base ;
  • Faiblesse de revenus ;
  • Difficultés d’approvisionnement en eau potable ;
  • Carence des régimes alimentaires et recours aux stratégies de résistance.

 

En effet, en cette période de pré-hivernage, les ressources pastorales sont très dégradées, voir au stade d’épuisement au nord, au centre (Tagant, centre et nord de l’Assaba) et au sud-ouest du pays (Trarza, Brakna). Dans les deux Hodhs le cheptel se nourrit difficilement en se concentrant dans des pôches résiduelles de pâturages.

 

Autour de toutes les grandes agglomérations et dans les zones où les pâturages sont rares, les éleveurs font recours à l’aliment bétail et exploitent de faibles réserves en eau qui ne couvrent pas leurs besoins.

 

Actuellement la majeure partie des troupeaux sont en transhumance dans certaines pôches du Gorgol et du Guidimaka ou dans les pays voisins (Mali et Sénégal).

 

En ce qui concerne leur état sanitaire et leur état d’embonpoint, les animaux sont amaigris dans les zones où il n’existe plus de réserves en pâturages. En revanche, on ne signale aucune épizootie contagieuse, malgré quelques cas isolés de clavelée ou de botulisme. 

 

Les populations rurales font face actuellement à l’épuisement total des faibles stocks céréaliers villageois issus de la dernière campagne agricole. Les denrées de première nécessité importées sont disponibles mais les prix de certains produits coûtent chers et sont difficilement accessibles pour les ménages démunis.

 

La vulnérabilité des foyers ruraux est accentuée par le manque d’activités génératrices de revenus, le fort taux de chômage, les faibles transferts d’argent ainsi que par la chute du prix du bétail sur pieds.

 

Ainsi pour résister en cette période de soudure difficile, les familles démunies utilisent des stratégies telles que l’entraide et l’endettement.

 

Dans plusieurs zones rurales du pays les ménages à bas revenus connaissent un régime alimentaire très pauvre (sans viande, ni lait et rarement de Niébé). Ils consomment de l’eau impropre et s’en approvisionnent difficilement.

 

En ce qui concerne la santé humaine, la situation est calme. Cependant, on signale des cas d’anémie, d’avitaminose et de diarrhée chez les femmes et les enfants en bas âge.

 

La situation nutritionnelle reste difficile et risque de se dégrader d’ici la période des récoltes, en particulier, dans les zones structurellement vulnérables.