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Interview avec Monsieur le Commissaire à la Sécurité Alimentaire :
« Tout le personnel du CSA a eu un apport formidable dans le processus de réformes en cours… »
Question : Quelle est votre propre appréciation du bilan de l’année que vous venez de passer aux commandes du CSA ?
Réponse : Je considère que le plus important est que nous avons acquis une bonne connaissance de la situation de la vulnérabilité, en allant sur le terrain à la rencontre des populations, en recensant tant bien que peu leurs préoccupations, leurs attentes, leurs doléances et leurs projets. J’estime que le partage de l’information ainsi réalisé a été notre meilleur bilan.
Cette démarche de proximité a été inaugurée par la re-dynamisation des services régionaux qui constituent l’interface avec les populations. Il s’agit en effet d’organes décentralisés du CSA qui ont été dotés d’un personnel parmi les plus compétents, investi des prérogatives et des moyens nécessaires pour un bon suivi de la situation alimentaire nationale. Ces organes ont ainsi accompli un travail remarquable dans l’identification, le suivi et le contrôle des projets et programmes de distribution au profit des populations vulnérables.
Aujourd’hui ces services sont impliqués et présents dans le développement local et disposent d’une base de données importante sur la vulnérabilité des populations. Il convient de noter par ailleurs que l’ensemble des services régionaux a fait l’objet d’une inspection pour déterminer la situation de départ.
Il est important de signaler que tous ces programmes exécutés par le CSA le sont en rapport direct avec les bénéficiaires, sans intermédiaires, en particulier sur le plan politique.
Dans l’esprit de partager ces préoccupations locales avec le siège du CSA à Nouakchott, nous avons tout fait pour impliquer le personnel du siège dans le suivi, l’identification et le contrôle des programmes, ainsi que dans les distributions gratuites.
Grâce à ce travail collectif, le CSA dispose aujourd’hui d’une très bonne base de données sur la situation alimentaire du pays et la vulnérabilité des populations.
Je pense également que nous avons ouvert un vaste programme de formation pour une mise à niveau du personnel dans des domaines aussi variés que les stratégies et plans d’action du CSA, l’informatique, la comptabilité, la gestion financière, etc.
Cela dit, si nous devions évaluer objectivement le bilan de cette année, je dirais que, par rapport à l’ampleur des problèmes, beaucoup de choses restent à faire. Nos actions restent en effet circonscrites dans certaines communes jugées très Vulnérables. Il faut dire que l'absence de coordination entre tous les acteurs impliqués (Organisations internationales et administrations publiques) fait que les réalisations ne soient pas toujours à la hauteur des défis de l'insécurité alimentaire en Mauritanie. En ce qui nous concerne au CSA, nous sommes intervenus à chaque fois que la situation le requiert, dans les limites des moyens dont nous disposons.
Question : Quels sont les véritables défis et obstacles auxquels vous avez été confrontés dans l'exercice de votre fonction ?
Réponse : Les obstacles auxquels j'ai été confronté sont de deux ordres : il fallait d'abord relever le défi qui consistait à recentrer le CSA sur sa vocation humanitaire en le démarquant des acteurs politiques ; il fallait ensuite rechercher l'adhésion du personnel au projet de réformes.
Evidemment, tout changement induit des inquiétudes. Il importait donc de rassurer tout le monde sur les résultats positifs attendus des réformes.
J'arrivais, quant à moi, dans un secteur que je ne connaissais pas. Il fallait très vite centraliser tous les dossiers pour mieux les connaître sans que cela ait des répercussions sur la bonne marche des services.
J'ai fourni des efforts et j'espère avoir accompli des avancées dans cette direction.
Question :   Plusieurs départements ministériels ont connu des changements organisationnels profonds depuis le 3 août 2005, au moment où l'équipe d'encadrement du CSA est restée pratiquement inchangée à ce jour. Etes-vous satisfaits de votre équipe à ce point ?
Réponse :   Je dirai que j'avais considéré dès le départ qu'il fallait donner un nouveau sang aux services régionaux qui constituent le pilier principal de nos activités pour aboutir à une véritable administration décentralisée. Il fallait également profiter de l'expérience très riche acquise par les anciens chefs de services régionaux qui aujourd'hui contribuent à la gestion au niveau central.
J'avoue que je continue à penser que la structure centrale est trop lourde et extrêmement coûteuse et qu'il faudrait envisager d'autres formes d'organisation qui devraient consolider la décentralisation et permettre à des cadres compétents, aujourd'hui peu occupés au niveau central, d'être véritablement au service des populations pauvres, au niveau régional.
Je n'ai pas jugé jusqu'à présent utile d'entreprendre un quelconque redéploiement du personnel au niveau central avant de nous fixer une stratégie définitive qui, elle, dépendra de la mission que l'Etat voudra confier au CSA. Ce qui est sûr, c'est que la sécurité de l'emploi sera garantie pour tout le monde et qu'il y aura toujours un respect des droits acquis par les employés. Cela dit, la promotion ne profitera qu'aux plus méritants.
Je suis globalement satisfait des rapports que j'ai entretenus avec mes collaborateurs directs. Je considère que tout le personnel du CSA a eu un apport formidable dans le processus de réformes en cours. Lorsque mon projet d'organisation sera arrêté, vous découvrirez plus de détails à ce sujet.
Question : La période de transition se terminera dans moins de huit mois. Pensez-vous pouvoir encore mener à terme vos plans de réformes du CSA ?
Réponse : Je pense que l'essentiel est de mettre à profit le temps que je passerai ici pour faire aboutir mes projets et les partager avec l'ensemble du personnel.
Question : En une année, vous avez personnellement sillonné le pays en supervisant directement la quasi-totalité des opérations d'intervention du CSA. Quel sentiment portez-vous sur les enjeux de la sécurité alimentaire en Mauritanie ?
Réponse : Je considère que c'est une tâche énorme qui mérite une attention toute particulière. Je rappelle qu'en dépit des efforts considérables consentis par l'Etat, notre pays ne dispose pas jusqu'à ce jour d'une stratégie de sécurité alimentaire et n'a pu faire reculer la vulnérabilité alimentaire dans aucune localité.
Je rappelle que la mission du CSA est axée sur quatre points essentiels :
- Mettre en place un système d'information sur la situation alimentaire ;
- Prévenir et gérer les crises alimentaires ;
- Réaliser des microprojets pour réduire la vulnérabilité alimentaire ;
- Intervenir en urgence en cas de catastrophe naturelle.
Il convient donc de repenser tout le dispositif de la sécurité alimentaire. Aujourd'hui le CSA s'attelle à identifier et suivre la vulnérabilité alimentaire, à concevoir et mettre en œuvre des programmes visant à la réduire et à en évaluer l'impact. D'autres administrations publiques, directement ou à travers d'autres structures qui en dépendent (sociétés, projets), ainsi que les ONG nationales et internationales, poursuivent les mêmes objectifs sans qu'il y ait un cadre réel et opérationnel de concertation et de planification.
Question : Comment procède le CSA pour identifier les communes ou localités à risque d'insécurité alimentaire ?
Réponse : La procédure d'identification des zones à risque repose, d'une part, sur une série d'appréciations qualitatives, de facteurs et d'indicateurs touchant plus ou mois directement la sécurité alimentaire, et, d'autre part, sur une appréciation de la situation de chaque commune considérée en année normale (situation structurelle basée sur le potentiel et la vocation agro-économique).
La fiche d'identification regroupe des indicateurs liés à la pluviométrie, à la situation agropastorale, aux activités génératrices de revenus, à la situation des prix et des marchés, à la situation sanitaire et nutritionnelle et aux éléments d'alerte d'une crise alimentaire. Cette fiche est administrée au niveau de chaque commune par les équipes du CSA qui visitent toutes les localités et rencontrent les producteurs et les personnes ressources dans chaque commune. Toutes les fiches sont signées par le responsable de l'Administration locale, validées par le Comité régional de la sécurité alimentaire et signées au niveau régional par le Wali. Le système de traitement et d'analyse des données au sein de l'Observatoire permet de calculer une note de vulnérabilité pour chaque commune qui va de 0 (commune non vulnérable) à 100 (vulnérabilité extrême). Ceci permet d'élaborer une liste hiérarchisée des communes en fonction de l'appréciation de leur situation d'insécurité alimentaire. Ce système de traitement des données est également couplé d'un logiciel de cartographie qui permet de reproduire instantanément les cartes des communes à risque d'insécurité alimentaire.
Question : Comment se fait-il alors que des localités pourtant pauvres se plaignent parfois de figurer à l'intérieur de communes que vous jugez non vulnérables ?
Réponse : L'approche jusqu'ici utilisée est une approche géographique globale qui décrit la situation générale de la commune selon une conjoncture donnée (un bon ou un mauvais hivernage par exemple). Cela n'empêche nullement qu'il puisse exister à l'intérieur des communes dites non vulnérables des poches localisées de pauvreté et d'insécurité alimentaire. Comme il peut arriver que dans des communes jugées d'une extrême vulnérabilité des poches non vulnérables. C'est donc la dominante de la commune qui est prise en compte.
Sur le plan méthodologique, nous travaillons depuis une année à affiner davantage notre technique d'identification, notamment en la combinant avec une approche ménage pour localiser les poches de vulnérabilité dans les communes jugées non à risque alimentaire. On prend pour preuve à ce titre que l'approche d'identification de l'Observatoire, celle utilisée par le PAM (VAM) et celle utilisée par FEWS NET, aboutissent à des conclusions largement différentes sur le nombre des populations vulnérables ainsi que leur localisation. Nous travaillons actuellement sur une harmonisation de ces différentes approches.
Sur le plan pratique, les missions du CSA et les services régionaux visitent systématiquement toutes les localités et travaillent avec les commissions départementales pour cibler les bénéficiaires de l'aide alimentaire là où ils se trouvent.
Question : € D'aucuns estiment que le CSA a mis l'accent au cours de l'année écoulée sur les distributions gratuites de vivres. Pensez-vous que c'est vraiment la priorité ?
Réponse : Il est vrai que nous avons procédé, à chaque fois que la situation des populations l'exigeait, à des distributions gratuites de vivres pour soulager la souffrance des plus démunis. Mais, en plus de cela, nous avons toujours couplé les programmes de distributions gratuites avec des microprojets et des activités génératrices de revenus.
Je suis convaincu que la solution des problèmes structurels de l'insécurité alimentaire ne peut se faire avec des distributions ponctuelles de quantités de vivres aux populations. Même en cas de catastrophe naturelle (inondation, tempête) comme on vient d'en connaître au Brakna et au Trarza, notre intervention d'urgence ne s'est pas limitée à la seule distribution de vivres, nous avons également fourni des tentes et couvertures et aidé certaines familles restées sans abri à reconstruire des habitations. C'est dire que les crises alimentaires, qu'elles soient structurelles ou conjoncturelles, ne peuvent être contenues par la seule distribution de vivres, mais il convient de traiter profondément les causes de ces crises, à savoir la pauvreté et le manque d'infrastructures de développement local, afin de mieux les prévenir.
Nous pensons que le CSA ne doit pas être un organe de bienfaisance à caractère purement caritatif, mais plutôt une véritable institution publique de développement, dotée d'une stratégie globale de sécurité alimentaire sur le long terme.
Je pense également que la lutte contre la pauvreté en général, et l'insécurité alimentaire en particulier, requiert d'abord la création d'emplois à travers des investissements adéquats dans la formation professionnelle et technique orientée vers les secteurs de services (plomberie, maçonnerie, menuiserie, électricité, etc.), ceux à fort potentiel de valeur ajoutée (pêche, agriculture, élevage, tourisme), ainsi que les grands chantiers urbains à forte intensité de main d'œuvre.
Question : Comment jugez-vous aujourd'hui les nouveaux rapports entre le CSA et les donateurs étrangers ? La confiance a-t-elle été rétablie avec l'Union Européenne ?
Réponse : La coopération avec l'Union Européenne a permis la mise en œuvre de trois instruments fondamentaux au sein du CSA : l'Observatoire de la Sécurité Alimentaire, le Stock national de sécurité alimentaire et l'Agence d'Exécution des Micro-Projets.
Depuis mon arrivée au CSA, j'ai entrepris des démarches pour améliorer les performances de ces trois instruments. Evidemment, d'autres efforts restent à faire.
En tout cas, depuis ma prise de fonction, les rapports avec l'Union Européenne sont excellents. Et il en est de même de nos rapports avec tous nos partenaires, tant bilatéraux que multilatéraux.
Question : Parmi vos grands chantiers au cours de l'année écoulée, il y avait un volet " Renforcement des capacités d'intervention du CSA ". Où en est-on ?
Réponse : L'effort s'est donc porté sur la remise en l'état du parc roulant. Nous avons réparé tous les véhicules du parc avec 12 camions de 12 tonnes chacun, 4 camions de 30 tonnes chacun, en plus de 35 véhicules tout-terrain. Un atelier de réparation a été construit et un parc de stationnement aménagé. Le CSA s'est également équipé d'un important stock de pièces de rechange pour ses véhicules. Les magasins de stockage ont été réhabilités.
Sur le plan des ressources humaines, un programme ambitieux de formation du personnel et d'organisation des procédures est en train d'être achevé. L'ensemble des services et les principales fonctions ont été informatisés.
Plus significativement, je dirai que le renforcement des capacités d'intervention du CSA est inscrit au cœur du Plan d'action pour la période 2005/2006. Et je suis heureux de constater qu'une bonne partie de ce plan d'action pourra être mise en œuvre rapidement grâce au concours du Programme de renforcement de la Sécurité Alimentaire que notre Gouvernement a signé avec la Banque Islamique de Développement (BID) et qui devra démarrer au cours des prochains mois.
Question : Jusqu'à votre prise de fonction, l'intervention du CSA ciblait essentiellement les populations vulnérables en milieu rural. Qu'avez-vous fait pour lutter contre l'insécurité alimentaire en milieu urbain ?
Réponse : Il faut rappeler qu'en milieu rural, l'insécurité alimentaire est essentiellement d'ordre conjoncturel (aléas climatiques) et sa gestion est plus simple que celle qui prévaut en milieu urbain, laquelle est d'ordre structurel.
Depuis le 3 août 2005, nous avons entrepris des programmes dans la plupart des grands centres urbains. Nous avons également participé à l'assainissement des grandes villes. Nous avons en outre réalisé une étude sur les indicateurs de suivi de la vulnérabilité en milieu urbain. Avant la fin de l'année, nous organiserons une retraite en concertation avec les autres partenaires multilatéraux, bilatéraux, les ONG nationales et internationales. Il va falloir en particulier améliorer la coordination à ce niveau avec le Commissariat aux Droits de l'Homme à la Lutte contre la Pauvreté et à l'Insertion.
Question : Quels sont les axes prioritaires de votre plan d'action pour le reste de la période de transition ?
Réponse : Pour l'avenir, les grands axes de notre plan d'action sont les suivants :
- Mieux structurer les services régionaux pour les rendre plus opérationnels sur les plans humain et matériel.
- Finaliser un statut pour le personnel.
- Mettre en place une véritable organisation centrale.
- Mettre en œuvre un plan de formation devant améliorer l'adéquation profil-emploi.
- Mettre en place une grande campagne de communication à l'endroit du personnel, des partenaires,
des autres administrations publiques, des élus, de toute la société civile et des populations.
- Evaluer les programmes jusqu'ici entrepris et définir de nouvelles orientations.
- Organiser un forum sur la sécurité alimentaire.
Question : Quelle réponse avez-vous à l'égard de ceux qui disent que les interventions et le fonctionnement du CSA coûtent cher aux caisses de l'Etat?
Réponse : Je tiens d'abord à dire que j'ai mis l'accent depuis mon arrivée au CSA sur l'efficacité des interventions et le ciblage des bénéficiaires. Il fallait donc mettre en place tous les moyens pour s'assurer que l'aide accordée par l'Etat arrive directement dans les mains des bénéficiaires. Pour ce faire, il fallait mobiliser les moyens financiers, logistiques et humains pour identifier les bénéficiaires et leur acheminer l'aide jusqu'à leur lieu d'habitation. Cela induit bien entendu des dépenses que ceux qui étaient habitués à une aide distribuée aux intermédiaires à Nouakchott pourraient trouver exorbitantes. Il convient de rappeler aussi que les programmes que le CSA a réalisés au cours de l'année écoulée ont mis à contribution une grande partie du personnel de Nouakchott qui a été dépêché dans toutes les localités du pays pour identification, contrôle et distribution. Il fallait alors payer les frais de mission à ces employés et leur assurer les moyens logistiques pour se déplacer. Si on cherche à calculer objectivement le rapport entre les coûts et les programmes réalisés, je pense honnêtement que les moyens qui ont été mis à la disposition du CSA sont plutôt insuffisants par rapport à la mission qui lui est confiée par l'Etat. Il est temps de se rendre compte que le CSA n'est plus un Office de céréales, mais plutôt une institution publique qui gère tous les aspects liés à la sécurité alimentaire (suivi de la situation alimentaire, prévention et gestion des crises, mise en place d'un programme de microprojets).
Aujourd'hui, par exemple, l'Etat reconnaît que les problèmes de malnutrition se sont affirmés en Mauritanie. Il faut donc que le CSA et les autres acteurs impliqués mettent en œuvre des programmes de lutte contre la malnutrition dans toutes les localités du pays. L'esprit même de la période de transition est que les moyens de l'Etat profitent d'abord aux plus démunis partout où ils se trouvent sur l'étendue du territoire national. Nos programme ont ainsi bénéficié à la quasi-totalité des localité- du pays alor qu'auparavant l'aide alimentaire était circonscrite .1 certaines localités.
Je signale également que l'Inspection Générale de l'Etat est actuellement en train d'auditer les comptes du CSA et c'est a elle de nous dire est-ce que k" dépenses étaient démesurées par rapport aux mission-. accomplies.
J'invite quant a moi tous ne-partenaires à une réflexion pour se prononcer sur les missions du CSA et leur adéquation aux moyens mis en œuvre. J'aimerai aussi, sans être exhaustif. attirer l'attention sur l'ampleur des programmes que nous avons entrepris durant l'année écoulée, en donnant quelques chiffres a titre indicatif :
- Distribution gratuite de plus de 15.000 tonnes de vivres acheminées jusqu'aux. bénéficiaires sur toute retendue du territore national au profit de 132.528 familles ( soit plus de 600.000 personnes) dans 10 des wilaya du pays ;
- Suivi, contrôle et encadrement de plus di. 2.300 banques de céréales a raison d'une banque par localité dans X des 13 \vila\a du pays, sur financement du PAM ;
- Identification, suivi et contrôle de l'exécution de l'exécution de 1.930 microprojets, avec l'acheminement des intrants non alimentaire constitués par les équipements des ouvrages. dans 1 1 des 13 wilaya du pays : Suivi, contrôle et encadrement de plus de 450 centres d'alimentation communautaire répartis entre toutes les wilaya du pays.
Question : Il a été procédé depuis votre arrivée à la tête du CSA à des distributions d'argent en guise d aide sociale, aux personnes en situation précaire far ailleurs, le CSA a appui le son assistance an\ vieillards, aux filles en difficulté aux handicapés et aux enfants de la rue Ne pensez-vous pas que ces actions débordent un peu par rapport au rôle dévolu à l'institution ?
Réponse: Malgré le fait que le ('SA constitue la structure publique chargée de l'action humanitaire, il n'existe jusqu'à présent aucune véritable culture de l'humanitaire dans l'institution, encore moins des compétences avérées pour développer des programmes cohérents dans ce domaine, ("est la raison pour laquelle nous avons mis l'accent sur le développement d'un savoir-faire interne dans le domaine de"l'action humanitaire, en commençant par l'assistance aux groupes les plus vulnérables. Depuis mon arrivée au C'SA. j'essaie d'inculquer cette culture de l'humanitaire en impliquant le personnel, en particulier les femmes, dont je salue ici la participation. Ainsi, une trentaine de femmes employées du CSA a tous les niveaux (cadres, agents. secrétaires, etc.) ont supervise ,a réalisation d'un programme dit de solidarité au profit des groupes les Plus de vulnérables Nouakchott. Ce programme a contribué valoriser l'institution auprès du publie et à mettre place le premiers jalons de l'action humanitaire . On gagnerai! certes a améliorer le processus avec des critères plus objectifs, des comités de gestion et en affinant les procédures. Nous sommes déterminées a asseoir cette culture de l'humanitaire et nous avons demande l'appui de nos partenaires pour y arriver.
Question : Quelle vocation future peut-on envisager pour le CSA dans un pays pétrolier comme c'est en train d'être le cas pour la Mauritanie ?
Réponse : Je pense que quel que soit le niveau de richesse et de propres du pays. l'Huit mauritanien gagnerait a revoir le statut de toutes les administrations de mission. D'une façon générale, l'organisation de l'administration publique n est pas optimale. 11 v a quelques fois tics interférences entre les rôles, en plus d'une absence de coordination, ce qui enlève beaucoup d'efficacité aux programmes de développement. Il est impératif de mettre en place des stratégies el des politiques sectorielles. Il faut définir des objectifs précis et mettre en place les moyens adéquats pour les atteindre.
Je pense que l'Etat d'une façon générale doit analyser profondément la vulnérabilité, dans ses deux composantes structurelle et conjoncturelle, déterminer quelles sont les localités où cette vulnérabilité est réversible (la ou existe un potentiel pour assurer aux populations les moyens de subsistance) et entreprendre des actions structurâmes et cohérentes pour garantir des conditions de vie saines et durables, ("est à travers la réalisation de programmes de réhabilitation et de modernisation des infrastructures de production que l'on peut garantir un développement durable à même de prévenir les crises alimentaires. 1 a où la vulnérabilité est irréversible (absence d'un potentiel de production), il convient de trouver d'autres solutions d'ordre politique ou administratif (déplacer certaines populations par exemple d'un lieu enclavé vers un autre où elles peuvent mener une vie décente).
Quant à la vulnérabilité conjoncturelle, l'Etat doit prendre en charge la gestion des crises alimentaires : il doit ainsi préparer le terrain à la société civile (ONG) et fournir les moyens qu'il faut pour affronter les situations de crise. 1 'élaboration et la mise en oeuvre des stratégies doit être assurée par le CSA en coordination avec la société civile.
Un autre aspect de la vulnérabilité conjoncturelle est constitue pa1' lu gestion des catastrophes naturelles: notre pays est en effet de plus en plus confronté a des sinistres a cause des changements climatiques dans le monde. Rien qu en 2006, nous avons été confrontés a plusieurs cas d inondations ou de vents violents qui ont jusqu'ici laissé 2.000 familles sans abris et ont endommagé considérablement certaines infrastructures de protection ou de production. A chaque luis, le ("SA a dû intervenir en urgence pour assister les populations sinistrées.
Le suivi de la situation alimentaire du pays exige. pendant encore de longues années, un disposait d'alerte précoce pour prévenir les crises alimentaires. ( 'est a ce titre que le t ^ \ sera appelé a continuer son action pour suivre en permanence la situation des populations On pourrait a ce titre envisager des approches moins coûteuses et plus efficaces.
Question : Avez-vous un dernier mot à l'adresse des populations ?.
Réponse : Je rappelle a tous que obligation d'assistance aux plus démunis est un devoir religieux. moral et civique. Allah nous oblige a donner I aumône (Sadaqat et Zaqat ) aux pauvres et il est de notre devoir de s'abstenir de les bousculer lors des distributions de de vivres si on n'est pas dans le besoin.
Les populations ont toujours réclame lu transparence et la justice dans la distribution. On ne peut envisager cet objectif que par l'adhésion de tous. Chacun doit s'approprier nos actions et nos programmes pour nous aider a les contrôler. Malgré nos débats publics ouverts et directs avec les populations, nous avons connu des difficultés à grande échelle pour les amener a exercer avec nous un pouvoir de contrôle sur ce qui se fait. Etant donne que nos populations constituent le moyen de contrôle le plus efficace pour mesurer l'impact de nos programmes, je les invite a nous assister dans notre quête permanente de l'équité. Je élirai aussi qu'il est grand temps de revoir la typologie des programmes que nous réalisons pour mieux répondre aux impératifs de développement local, mieux cibler les ouvrages assurant une pérennité de la production et mieux évaluer l' impact de ces réalisations ,sur la situation alimentaire des populations.
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